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n° 12
Févr.-mars 2008

Édito

Innovations. Innovations au Salon du livre, où l’Asfored tiendra son rang dans l’« Espace professionnel de l’édition » voulu par le SNE. Innovations à l’Asfored, où le dynamisme est toujours aussi intense. Innovations dans l’imprimerie, de plus en plus « verte », dans les métiers de l’édition, de plus en plus « Web ». La formule ancienne de l’apprentissage serait-elle, elle aussi, touchée par ce mouvement de fond ? En tout cas, nous enseigne l’interview croisée d’un maître d’apprentissage et de son apprentie, sa réalité est bien différente de ce que certains imaginent !

Sommaire

L’Asfo et vous

Exploration

En pratique(s)

Histoire vraie

 

L’Asfo et vous

Salon du livre 2008 : l’Asfored fait espace commun
avec l’interprofession

 

Un espace de 300 mètres carrés réunira, au prochain Salon du livre de Paris, six représentants de l’interprofession. C’est là que sera installé le stand de l’Asfored, à proximité immédiate de ceux du SNE (Syndicat national de l’édition), de Calibre (le distributeur des « petits » éditeurs), du CFC (Centre français d’exploitation du droit de copie), de la Sofia (société de gestion du droit de prêt en bibliothèque et de la copie numérique privée) et de la Scelf (société de gestion des droits audiovisuels). Voulu par le SNE, cet « Espace professionnel de l’édition » répond au double objectif de fédérer les acteurs et de favoriser le débat sur les grands dossiers de l’actualité. Il s’adresse aussi bien au grand public – qui y trouvera une exposition sur le métier d’éditeur – qu’aux professionnels.

À l’entrée, un plan détaillé et des documents de présentation de chacune des entités associées seront mis à la disposition des visiteurs, que des hôtesses pourront également orienter. La partie centrale de l’espace constituera un lieu commun de dialogue et de convivialité. Et une salle accueillera les rencontres et tables rondes organisées par les différents partenaires.

À nouvel espace, nouvelle communication

À nouvel espace, nouvelle communication : dans la partie réservée à l’Asfored, les habituels panneaux seront remplacés par une vidéo de trois minutes, qui vient d’être réalisée à l’Asfored et met en scène l’ensemble de ses activités. Comme chaque année, des responsables de l’organisme répondront à toutes les questions, qu’elles concernent les stages interentreprises, sur mesure ou en région, le BTS Édition par l’apprentissage, le mastère spécialisé Management de l’édition, ou encore le département Audit et conseil. Des formateurs, d’anciens élèves, des étudiants seront épisodiquement présents. Il sera bien sûr possible de se procurer le catalogue des formations, des parcours thématiques, la plaquette de présentation du BTS…

Et puisque l’actualité des technologies est pour l’Asfored une préoccupation constante, des rencontres seront organisées sur des thèmes tels que le flux numérique, la chaîne XML ou le développement durable dans la fabrication du livre (voir les articles sur ce sujet dans notre rubrique Exploration). Animées par des collaborateurs habituels de l’Asfored, elles prendront la forme de présentations d’une demi-heure environ, suivies de questions-réponses. Compte tenu du nombre de places disponibles, il sera indispensable de réserver. Les dates et heures de ces rencontres seront communiquées par mail et sur le stand.

Salon du livre 2008 : du 14 au 19 mars, porte de Versailles à Paris
Stand Asfored :
Espace professionnel de l’édition (repères D2-G1)
Site officiel du Salon du livre

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Des vidéos dans l’« espace Privilège »

 

L’espace de suivi pédagogique proposé par l’Asfored sur son site Internet évolue : désormais, les personnes ayant participé à un stage de PAO ou de prépresse y trouveront des vidéos approfondissant un ou plusieurs des thèmes abordés pendant la formation. Ces démonstrations commentées ont été conçues et réalisées par un formateur habituel de l’Asfored. Leur objectif est de faciliter la mémorisation d’une procédure, ou de l’utilisation d’une fonction ou d’un outil.

L’« espace Privilège » qui accueille ce nouveau « plus » a été créé il y a deux ans. Il est réservé aux personnes qui viennent de participer à un stage du catalogue. Pendant trois mois après la fin de la formation, elles peuvent – sauf pour les stages de droit, où les questions relèvent souvent plus du conseil que du complément pédagogique – y interroger le ou les intervenants et découvrir les réponses aux questions posées par leurs prédécesseurs. Dans de nombreux cas, des ressources pédagogiques (exercices supplémentaires, corrigés, exemples, glossaire… et maintenant vidéos) y sont également mises à leur disposition.

Voir aussi, ci-dessous, l’article « FLV, le format des vidéos en ligne »

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Les FAQ de l’Asfored, un nouveau service rendu

 

« FAQ ». Cet acronyme très répandu sur les sites Internet a fait son apparition sur celui de l’Asfored il y a un peu plus d’un mois. En effet, six pages de « questions fréquentes » – expression jugée préférable à l’habituel « foire aux questions », qui traduit si curieusement le frequently asked questions de l’anglais – ont été créées pour mettre à la disposition de tous les réponses les plus couramment envoyées par les collaboratrices de l’organisme. Elles se répartissent selon six thèmes :
– « L’Asfored » ;
– « Métiers de l’édition » (métiers et formations) ;
– « Formation continue » (offre, publics, financement, démarches…) ;
– « BTS Édition » (objectifs, modalités, profils, sélection, candidature…) ;
– « Mastère spécialisé Management de l’édition » (objectifs, profils, financement…) ;
– « Emploi et stages » (recherches, dépôt de CV).

Par la richesse des questions retenues et le degré d’approfondissement des réponses, ces pages constituent véritablement un service supplémentaire offert aux personnes intéressées par les métiers de l’édition comme aux professionnels. Ce corpus est bien sûr conçu pour évoluer au fil du temps. On peut y accéder en cliquant sur le lien FAQ – qui apparaît en haut de toutes les pages du site –, à partir de la page Nous contacter ou encore à partir de chacun des domaines sur lesquels portent les questions.

Accéder aux FAQ

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Des archives thématiques pour La Lettre de l’Asfored

 

Déjà onze numéros de La Lettre de l’Asfored sont accessibles par Internet. Onze numéros, c’est beaucoup trop pour permettre aux lecteurs de retrouver rapidement une information ! Et puis il y a les nouveaux venus, ceux qui découvrent la lettre par ses archives : leur donner une vision rapide des articles qui pourraient les intéresser est bien la moindre des choses. Telles sont les réflexions qui ont conduit les responsables du site de l’Asfored à ajouter des archives thématiques dans la page Lettre d’information. Même si, qu’ils soient classés par thèmes ou chronologiquement, les articles ne sont toujours mis en ligne qu’à la parution du numéro suivant – donc avec deux ou quatre mois de décalage. Pour être parmi les premiers informés, rien ne vaut l’abonnement par mail !

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Exploration

Imprimeries vertes : des labels et des normes

 

La marque professionnelle Imprim’Vert sanctionne  aujourd’hui l’engagement d’un millier d’acteurs de la chaîne graphique.

Janvier 2008. Toute la presse française relaie l’information selon laquelle J. K. Rowling, figure de proue de la campagne Plumes vertes de Greenpeace, impose jusqu’en Finlande l’utilisation de papier FSC pour l’impression du dernier « Harry Potter ». Le succès d’un forum organisé par Livres Hebdo puis celui de la présentation du portail numérique Gallica 2 en témoignent : le livre électronique devient pour les éditeurs une préoccupation immédiate. Un nombre croissant de donneurs d’ordre exige des garanties du respect de l’environnement tout au long de la chaîne graphique…

Inutile de multiplier les arguments : montrer « atelier blanc » – ou plutôt vert – est désormais pour les imprimeurs une quasi-nécessité. Qu’ils s’engagent avant tout par conviction personnelle ou pour des raisons stratégiques, ils ont à leur disposition un ensemble de leviers d’action, sanctionnés par une gamme de labels aux implications différentes. Marque Imprim’Vert, norme ISO 14001, Bilan carbone, certifications PEFC et FSC pour le papier : que représentent toutes ces appellations ?

Imprim’Vert, la marque française qui se généralise

En France, c’est la marque professionnelle Imprim’Vert qui a véritablement lancé le mouvement. Créée en 1998 par les chambres de métiers et de l’artisanat du Loir-et-Cher et de la région Centre, elle a rapidement essaimé dans tout le pays et même au-delà (au Benelux et en Allemagne notamment). À tel point qu’une gestion nationale et une harmonisation des critères d’attribution sont devenues nécessaires. Ces missions sont aujourd’hui celles du Pôle d’innovation de l’imprimerie (P2I), propriétaire de la marque depuis juillet 2007.

Conçue pour promouvoir les imprimeries respectueuses de l’environnement – donc, plus largement, pour renforcer la protection de l’environnement dans une industrie potentiellement polluante –, Imprim’Vert leur impose de répondre à trois critères :
– stricte application de la réglementation pour l’élimination des déchets dangereux (révélateurs, fixateurs, solvants, encres…) ;
– sécurisation du stockage des produits liquides nocifs (neufs ou à l’état de déchets), afin d’éviter tout risque de pollution accidentelle ;
– exclusion des produits étiquetés toxiques.

« Fin 2007, plus de 1 000 sites de production graphique auront mis en place des actions d’amélioration pour obtenir Imprim’Vert », annonce le P2I dans sa présentation de la marque. Soit un quart des sites potentiellement concernés, selon Benoît Moreau, responsable Environnement et Sécurité à la FICG (Fédération de l’imprimerie et de la communication graphique), cité dans le numéro de janvier 2008 de Caractère. Et il est certain que la généralisation de cette marque va se poursuivre.

ISO 14001, norme internationale de « management environnemental »

« Pour nous, l’ISO 14001 est une suite logique à la démarche Imprim’Vert », explique Bernard Pouchin, qui fut en 2005 le premier imprimeur Imprim’Vert de Bretagne (lire son interview, ci-dessous). À la différence d’Imprim’Vert, l’ISO 14001 – dont la première version a été publiée en 1996 et la seconde en 2004 – est une norme internationale. Autre différence : elle s’adresse à toute structure qui souhaite mettre en place un « système de management environnemental » (un mode d’organisation lui permettant de gérer de manière raisonnée ses rapports avec l’environnement), quels que soient son secteur d’activité et, théoriquement, sa taille. En réalité, du fait des ressources importantes qu’elle mobilise, elle est plus accessible aux entreprises moyennes ou grandes qu’aux petites. C’est pourquoi il est désormais possible d’obtenir une certification par niveaux.

L’ISO 14001 n’est pas une norme technique. Ce qu’elle impose, c’est une obligation continue de résultat : pour améliorer constamment – la principale difficulté réside dans cet adverbe – ses performances environnementales, l’entreprise doit élaborer un plan d’action visant à minimiser les impacts de son activité sur le milieu naturel et industriel, mais aussi sur son voisinage, et à prévenir les incidents. Une entreprise visant la certification s’engage bien sûr à respecter les réglementations en vigueur. Ensuite, elle a notamment l’obligation de mettre en place une veille réglementaire – ce qui représente un effort important –, de former son personnel et de communiquer sur ses actions. Des contrôles réguliers sont effectués en interne et par les auditeurs de l’organisme certificateur.

La norme ISO 14001 incite donc les imprimeurs à se préoccuper des produits qu’ils utilisent (encres, vernis, solvants, papier…), de la gestion de leurs déchets – c’est surtout sur ce point qu’Imprim’Vert constitue une bonne préparation –, du niveau sonore de leurs installations, de leur consommation (de papier, d’eau, d’énergie…), de leurs émissions de gaz à effet de serre…

Bilan carbone, papier certifié : des moyens d’aller plus loin

Environnement
et développement durable

Sous de nombreuses plumes, « protection de l’environnement » et « développement durable » apparaissent comme des quasi-synonymes. Une mise au point est donc nécessaire : « Le développement durable s’organise selon le triptyque environnement, social et économie ; au-dessus de ces trois aspects, il y a la gouvernance, qui est la bonne manière de les gérer », précise Philippe Vessereau, chargé de la qualité et de l’environnement dans une filiale d’Éco-Emballages. Ainsi, une démarche environnementale peut relever du développement durable, mais ce n’est pas forcément le cas.

Pour les aider à évaluer ces émissions directes ou induites, l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) propose aux entreprises, administrations, collectivités une « méthode de comptabilisation à partir de données facilement disponibles » : le Bilan carbone. Le transport routier, notamment, doit être pris en compte. Ce qui nous ramène au remplacement, pour l’impression en Finlande d’Harry Potter et les reliques de la mort, du papier local PEFC par un papier FSC importé : quel sera finalement l’impact environnemental de cette exigence de l’auteur ?

Sans entrer dans la polémique qui oppose les tenants de l’un ou l’autre label, on peut dire que les programmes FSC (Forest Stewardship Council, créé en 1993 à l’initiative d’organisations non gouvernementales internationales) et PEFC (Programme for the Endorsement of Forest Certification Schemes, créé en Europe en 1999) sont les principales certifications visant à promouvoir la gestion durable des forêts. Peut-être doit-on considérer que le FSC, qui pose des exigences à la fois sociales, économiques et environnementales – et qui est certifié par des organismes indépendants –, est plus largement engagé dans une démarche de développement durable (voir l’encadré ci-dessus). La surface des forêts certifiées PEFC, cependant, est plus importante, du fait de critères plus accessibles aux petits propriétaires forestiers, notamment européens. Appliqués au papier, les logos PEFC et FSC garantissent un pourcentage minimal de fibres issues de forêts certifiées.

Au-delà des papetiers et distributeurs de papier, des imprimeurs font désormais certifier leur chaîne de contrôle PEFC et/ou FSC. En ce qui concerne les éditeurs qui exigent des papiers recyclés ou certifiés, le magazine Terra economica citait en novembre 2007 Actes Sud, Bordas – pour la totalité de sa production – et La Martinière. D’autres sources mentionnent Belin, Glénat ou encore les Éditions du Seuil. Nous pouvons pour notre part ajouter la jeune maison Demopolis, dont le fondateur, Laurent Hebenstreit, était interviewé dans un précédent numéro de La Lettre de l’Asfored.

Une chose est sûre : il est de plus en plus facile, pour les éditeurs qui souhaitent entreprendre une démarche respectueuse de l’environnement – voire de développement durable –, de trouver des prestataires capables de répondre à leurs attentes.

En savoir plus sur la marque Imprim’Vert :
– www.imprimvert.fr
– « Ils impriment “vert” », article de Laurent Mignaux paru dans
E-meddiat le 7 mars 2005
– « Le traitement des déchets dans l’imprimerie », rapport de Flavien Tholoniat et Alexis Lebrugue

En savoir plus sur la norme ISO 14001 :
– 
focus paru dans Actu-Environnement
– Portail de l’environnement du site des chambres de commerce et d’industrie

Voir aussi, dans le mensuel Caractère, les dossiers « La certification écologique » (n° 632) et « L’écologie entre dans l’atelier » (n° 638).

Le stage Fabrication et développement durable, nouveauté 2008 du catalogue de l’Asfored, permet aux éditeurs de découvrir des pistes pour s’engager dans une démarche de protection de l’environnement.

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« L’environnement fait partie de la vie quotidienne
des salariés d’une imprimerie »

 

Bernard Pouchin a créé en 1989 l’imprimerie Calligraphy-Print, qui a obtenu la marque Imprim’Vert en 2005. Témoignage d’un acteur de la chaîne graphique qui se préoccupe concrètement d’environnement et de développement durable.

Bernard Pouchin

Apprenti typographe à 14 ans puis linotypiste dans la presse, Bernard Pouchin entreprend à 28 ans, dans le cadre d’un « cours de promotion sociale » de l’école Estienne, une formation intensive d’un an en fabrication. Il trouve alors un poste de cadre dans une imprimerie de Nantes. Mais le virus des études est à l’œuvre ! Et le voilà, de 1971 à 1974, sur les bancs d’un institut d’administration des entreprises, où il se prépare à créer sa première imprimerie.

C’est chose faite en 1975. Le succès est tel qu’en 1980 l’Union régionale des coopératives de production lui demande de prendre en charge le redressement des Imprimeries réunies en créant Média Graphic, une imprimerie rennaise. En 1989, une fois cette mission accomplie et après avoir vérifié qu’il y avait place pour deux entités si proches géographiquement, M. Pouchin fonde la société anonyme Calligraphy-Print, de l’autre côté de la rue.

Non content d’avoir effectué un très beau parcours, il organise efficacement sa succession : son fils, qui a intégré la société en 1997 après une formation d’ingénieur en gestion de production et un DESS de finance, détient désormais 53 % du capital.

À 60 ans, Bernard Pouchin se décide à faire profiter les autres de son expérience et commence à intervenir à l’Asfored dans le cadre de la formation continue. Il anime notamment des stages sur l’impression, le façonnage et… le développement durable dans l’industrie graphique.

Pourquoi avez-vous choisi d’inscrire votre imprimerie dans la démarche Imprim’Vert ?

D’abord parce que l’environnement fait partie de la vie quotidienne des salariés d’une imprimerie : il y a des risques liés aux produits de développement, de fixation, de nettoyage, aux solvants ; notre activité génère beaucoup d’emballages plastique, de carton, de chutes de papier… Nous avons entamé il y a dix ans un tri sélectif – je suis sensibilisé à ces sujets depuis longtemps. Ensuite pour répondre aux attentes de nos clients : depuis la création de la marque Imprim’Vert, elle est mentionnée dans un nombre croissant d’appels d’offres, notamment ceux des collectivités territoriales, des musées, des bibliothèques, d’éditeurs, et prise en compte dans le référencement des imprimeurs. Et puis nous avons des clients exigeants sur la qualité. Quand nous sommes audités, il est important qu’ils découvrent un atelier propre.

Qu’avez-vous dû modifier pour obtenir cette marque ?

Il a fallu organiser des zones de stockage spécifiques, augmenter le nombre de bacs de récupération, signer des contrats avec des partenaires pour la récupération et le retraitement. Le personnel a été formé au tri sélectif jusque dans les bureaux : les enveloppes, qui contiennent des adhésifs et des colles, sont séparées des sorties imprimantes, photocopies, courriers, qui eux sont facilement recyclables. Dans l’atelier, on ne jette plus ensemble les boîtes d’encre et les chiffons souillés.

Diriez-vous qu’il est facile de satisfaire au cahier des charges Imprim’Vert ?

En ce qui nous concerne, nous avons obtenu la marque en deux mois. Mais nous travaillions dans ce sens depuis longtemps. D’autres imprimeurs ont dû attendre trois ans. La création des zones de stockage, notamment, n’est pas toujours simple, car les ateliers sont souvent étroits. Dans les petites structures, il y a aussi des résistances dues au coût du retraitement.

Quel est donc le coût de cette évolution ?

Il faut payer les récupérateurs, dédier une partie de la surface (chez nous, environ 30 m2, soit 1 % de la superficie totale), assumer le traitement des chimies, des plaques et des « boues d’encre » (les résidus du lavage des encriers et des rouleaux). Mais trois recyclages sont revalorisés : celui des plaques, celui des chutes de papier et celui du carton. À titre de comparaison, à Calligraphy-Print, la certification ISO 9001 [norme internationale de management de la qualité] a nécessité deux ans de travail avec un conseil extérieur et a mobilisé l’ensemble de l’entreprise, alors qu’Imprim’Vert a été mis en place en un mois par deux personnes. La méthodologie étant identique, les deux démarches sont pilotées par le même responsable QSE [qualité, sécurité, environnement].

Percevez-vous des aides publiques ?

En Bretagne, l’agence de l’eau nous verse une subvention de 25 % du coût global. Le prestataire agréé déduit cette aide de sa facture.

Comment ces coûts supplémentaires sont-ils ressentis par vos clients ?

Nos prix ont légèrement augmenté, mais la qualité est améliorée. Il y a donc des gains à déduire. Aucun client ne nous a quittés. En revanche, nous en avons gagné de nouveaux. Les laboratoires pharmaceutiques, le monde de la cosmétique, notamment, sont très sensibles à cette démarche.

Quels sont à votre avis les principaux bénéfices liés à Imprim’Vert ?

Calligraphy-Print

Créée à Rennes en juillet 1989 par Bernard Pouchin, Calligraphy-Print réalisait en 2006, selon le classement de Caractère, le 123e chiffre d’affaires des entreprises graphiques françaises. Dirigée depuis cinq ans par le fils du fondateur, Olivier, l’imprimerie emploie 64 salariés et s’apprête à déménager dans une nouvelle usine de 5 000 m2 qu’elle a fait construire, toujours dans la périphérie rennaise.

Le secret de sa réussite ? Son plus important client ne représente pas plus de 3 % de son activité. Les quelque 4 000 commandes qu’elle assume chaque année émanent de la cosmétique, de la pharmacie, de l’automobile… complétées par l’édition pour 7 à 8 % et un peu de presse magazine. « Mon ambition était de devenir un imprimeur breton, explique Bernard Pouchin. Aujourd’hui, nous réalisons 45 % de notre activité pour des entreprises basées en région parisienne, et 55 % dans le Grand Ouest. »

Si la poursuite de la croissance constitue le premier objectif du déménagement, il permettra en outre de repartir sur des bases neuves, notamment en matière de respect de l’environnement et de conditions de travail.

Imprim’Vert a installé dans l’esprit des imprimeurs, et surtout des équipes, la notion de propreté : on fait plus attention aux rejets, à ne pas gaspiller – par exemple, quand on cale une machine, on utilise les deux côtés des macules. C’est aussi une force : tout seuls, nous n’arrivions pas à convaincre un récupérateur de prendre en charge les boîtes d’encre et les blanchets ; en mutualisant ces déchets, nous y sommes parvenus. Plus généralement, la mutualisation modifie le rapport de forces avec les récupérateurs. À Calligraphy-Print, nous avons ajouté à l’aspect environnement une dimension sociale, en renforçant la prévention des risques pour les salariés. Bien que cela ne fasse pas partie du cahier des charges Imprim’Vert, nous avons développé les encres biodégradables dès qu’elles sont apparues – après les avoir testées, car nous avions des doutes sur leur siccativité. Nous utilisons de plus en plus de vernis à base d’huiles végétales, et de papiers PEFC ou FSC.

Imprim’Vert serait donc la première étape d’un engagement en faveur du développement durable ?

Le recyclage du papier économise en effet beaucoup de nouvelles fibres. Le fait qu’on ne rejette plus aucun produit nocif facilite le travail des stations de traitement des eaux usées. Mais on peut aller plus loin, et les imprimeurs Imprim’Vert y sont mieux préparés que les autres.

Par exemple à travers la norme ISO 14001 ?

L’ISO 14001 conduit à intégrer des critères supplémentaires. Pour notre part, nous mettons tout en œuvre pour obtenir la certification. Nous avons simplement différé d’un an, le temps de nous installer dans notre nouvelle usine.

 

 

À Calligraphy-Print, tous les fûts contenant des produits potentiellement dangereux pour l’environnement (ici de l’alcool isopropylique) sont stockés dans des locaux ventilés, au-dessus de bacs de rétention. Calés au moyen de pièces métalliques, ils sont séparés du bac par une simple grille permettant le passage du liquide qui s’écoulerait par accident.

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Le Web investit les métiers de l’édition

 

Les éditeurs diversifient
leurs sites Internet

L’offre des maisons d’édition en matière de sites Web est de plus en plus complète… et complexe. Même si l’on exclut de la liste ceux qui, encore peu nombreux en France, sont dédiés à la vente de contenus numériques. Ainsi, le groupe Gallimard propose une quarantaine de sites, auxquels on peut accéder à partir de Gallimard.fr ou directement : sites propres à chaque maison ou collection, sites liés à un ouvrage, à une série, à un thème, sites événementiels, sites des librairies du groupe… De même, Editis a développé un très grand nombre de sites autour de ses pôles littérature et éducation, et mis en place des espaces de dialogue. Chez Nathan, plus particulièrement, des sites « compagnons » mettent à disposition gratuitement des ressources complémentaires (livres du professeur, fichiers d’activités, exercices, corrigés), des sites « contributifs » permettent aux internautes de déposer et de consulter des commentaires, et des outils supplémentaires ont été créés pour toucher les différents publics (Club jeunes enseignants, newsletter pour les parents)… Certains, comme Routard.com, du groupe Hachette Livre – sur un sujet qui, il est vrai, s’y prête particulièrement, le tourisme –, accueillent même de la publicité.

La quasi-totalité des éditeurs ont aujourd’hui un site Internet qui présente la maison, son catalogue et parfois beaucoup plus. Mais à côté de ces vitrines sont apparus au fil des ans une multitude de sites dérivés, de blogs, de forums, d’espaces de commentaires et de services divers (voir l’encadré ci-contre). Et cette croissance devrait se poursuivre, car nombreux sont les projets encore dans les cartons. Concevoir ces sites, les faire vivre, les « modérer »… représente donc désormais une activité relativement importante. Quels sont les professionnels concernés ? Quelles sont les tendances en matière de recrutement ?

Sous-traitance totale ou partielle

Une première réponse s’impose : pour mettre au point et alimenter leurs sites, les éditeurs s’appuient sur des équipes de plus en plus structurées et professionnelles, en interne ou au sein d’agences spécialisées. « Le niveau de sous-traitance du site Web est souvent fonction de la taille de l’éditeur », précise Roland Chabrier, à la tête du cabinet spécialisé R&C Consultants, rappelant que « la sous-traitance est une tendance de fond au plan mondial dans tous les secteurs économiques ». Selon lui, les « petites » maisons sous-traiteront l’ensemble de la prestation, alors que les plus grosses se doteront d’une équipe complète mais pourront également faire appel à la sous-traitance.

Analyse confirmée par le directeur de Routard.com, Benoît Cappronnier : son équipe, qui compte une dizaine de personnes, devrait encore s’étoffer, mais cela ne l’empêche pas de faire ponctuellement appel à des indépendants, pour les aspects graphiques et rédactionnels notamment. Au rang des confirmations, on peut en outre signaler que, parmi les profils aujourd’hui recherchés par les maisons de grande taille, on trouve le responsable du développement numérique, dont la mission consiste essentiellement à superviser la mise au point de nouveaux sites.

En général, ce sont plutôt les aspects graphiques et techniques du site qui sont sous-traités – souvent à des agences spécialisées, parfois à des indépendants –, tandis que la direction de projet et l’aspect éditorial sont assurés en interne. « L’éditorial est trop stratégique pour être sous-traité », commente Benoît Cappronnier.

Profils techniques vs compétences des métiers existants

Certains éditeurs préfèrent cependant disposer en interne des savoir-faire les plus pointus : « L’avantage concurrentiel réside dans la capacité à intégrer et à fidéliser des profils techniques recherchés. Les webmasters techniques, les développeurs sont prisés, surtout lorsqu’ils ont acquis une expérience sur des sites à fort trafic », remarque Hélène Faye, responsable des ressources humaines au sein du groupe Hachette Livre. D’après elle, la demande augmente, sans toutefois exploser.

À l’inverse, Aymeric Vincent, DRH adjoint de la Sogedif – société qui a la charge des « fonctions supports » (ressources humaines, finances, etc.) du pôle littérature d’Editis –, n’envisage pas de recrutements nombreux. La raison qu’il avance est extrêmement importante pour tous les professionnels de l’édition : « En matière de technique, il existe des agences très pointues. Les compétences que nous recherchons sont celles qui font déjà partie des métiers existants, que l’on pourra compléter par des formations. Celles-ci seront soit techniques, orientées vers le HTML et le XML, soit de type “culture générale de l’Internet”, c’est-à-dire donnant une méthode pour aborder Internet à travers son métier. » Même si, ajoute-t-il, le fait, pour un assistant d’édition, de ne pas connaître le XML ne peut être rédhibitoire.

Des intitulés et des contenus très variables

Pléthore de spécialistes,
pléthore de définitions

Difficile de s’y retrouver, dans la multitude de métiers évoqués au sujet d’Internet… Ainsi, le site Info-metiers détaille quarante intitulés, répartis en fonctions de conception, fonctions techniques, fonctions de production, fonctions commerciales et marketing, et fonctions connexes. Parmi eux, l’animateur de site, qui joue notamment le rôle de modérateur de forum, mais pas de rédacteur ; un webmaster technique, mais pas son pendant éditorial… Autrement dit, même longue, la liste n’est pas exhaustive.

L’Annuaire des métiers du Web, centré sur les profils « créatifs », peut, à travers les descriptifs qui précèdent les fiches des professionnels inscrits, apporter un complément utile. Le webmaster, pour lui, « est en charge de la vie du site après sa création, dont il maintient le niveau de qualité. Il peut ainsi intervenir aussi bien sur les mises à jour éditoriales, que graphiques (création de nouvelles pages) et techniques (intégration, scripts…). […] c’est aussi un chef de projet qui coordonne l’action des prestataires externes lorsqu’il travaille chez l’annonceur ». D’où l’on peut déduire que, comme beaucoup d’autres, les métiers du Web ne sont pas envisagés par tous de la même manière.

Signalons encore le blog Profession-web, de Sandrine Szabo, qui décrit une trentaine de fonctions. Le rédacteur est bien là, et même le secrétaire de rédaction ! Mais la description des fonctions du webmaster a de nouveau changé…

Les métiers du Web sont déjà dans l’absolu un matériau instable, tant les intitulés et les contenus varient d’une structure à l’autre (voir l’encadré ci-contre). Les choses ne s’arrangent pas quand on s’intéresse plus précisément à l’Internet des maisons d’édition : « Lorsque le site est réalisé par une agence, explique Aymeric Vincent, il y a toujours quelqu’un qui supervise les opérations chez nous. Mais son titre peut changer : assistant d’édition, chef de produit Internet, chef de projet communication Web… Le poste est similaire, les différences venant du cahier des charges propre à chaque site. »

Ajoutons – mais cela vaut pour tous les types de sites – que le travail des personnes qui font vivre le site évolue aussi au fil du temps, en général dans le sens d’une simplification liée à l’arrivée de nouveaux outils. Ainsi, l’intégration des textes, des illustrations, du son, de la vidéo s’est considérablement simplifiée avec la généralisation des logiciels de gestion de contenus. Désormais, un rédacteur peut facilement mettre lui-même ses contenus en ligne, sans plus passer par un webmaster.

« Nous recrutons surtout des spécialistes du commerce en ligne »

« Cela fait longtemps que je recrute des webmasters et webdesigners pour la presse. Dans l’édition, ces métiers sont plus récents et nous recrutons surtout aujourd’hui des spécialistes du commerce en ligne, témoigne Danielle Hubert, la dirigeante du cabinet DH Conseil. Ils doivent avoir des compétences techniques, bien maîtriser les schémas d’arborescence et savoir créer des liens. » Elle préconise de ce fait une formation double : école de commerce et multimédia. Internet constituant un outil supplémentaire, une formation centrée sur ses spécificités est désormais indispensable. Complétée par une expérience de terrain, elle peut déjà être avantageusement valorisée. « Les personnes qui ont travaillé chez Amazon ou Alapage disposent aujourd’hui d’une expérience de vente qui se négocie très bien auprès des éditeurs pratiquant le commerce en ligne », poursuit Danielle Hubert. Le profil marketing-vente est également mis en avant par Aymeric Vincent, que le site soit dédié à la vente ou qu’il s’agisse, par diverses techniques (flux RSS, widgets), d’inciter l’internaute à l’achat.

La communication n’est pas en reste. « Les attachés de presse doivent désormais savoir communiquer auprès des blogueurs, dont l’influence peut être très forte, pour, par exemple, les convaincre de mettre sur leur site un widget ou un flux RSS dans lesquels ils informeront leurs lecteurs de nos dernières publications », souligne Aymeric Vincent. « Intégrer les rétroactions des “pairs blogueurs” devient primordial, car les prescriptions négatives ont déjà un impact considérable », ajoute un consultant spécialisé.

Une période de mutation structurelle profonde

Responsables des ressources humaines au sein des maisons et groupes d’édition, recruteurs spécialisés comme responsables de sites s’accordent sur un point : tous les métiers de l’édition devront à brève échéance intégrer la composante Internet. Comme ceux de la musique, les métiers de l’écrit sont entrés dans une période de mutation structurelle profonde liée à la généralisation d’Internet et du numérique. Désormais, dès la conception d’un ouvrage, il faut penser multisupport et utiliser un langage comme le XML, qui facilitera sa déclinaison ultérieure sous différentes formes, notamment dématérialisées. Ce nouveau paradigme ne remet pas en cause les métiers existants, mais suppose de les adapter, comme il suppose une réallocation des moyens au sein des maisons d’édition.

À l’évidence, les organismes de formation sont conscients de cette (r)évolution : non seulement ils introduisent une composante Web dans leurs préparations aux métiers de l’édition, mais ils développent pour les professionnels en poste des programmes portant sur les différents aspects de la conception et de la gestion d’un site, ou de l’utilisation d’Internet.

Les stages de l’Asfored Éditer pour Internet, Enrichir un site avec Dreamweaver, Droit et édition numérique et Le marketing Web sont spécifiquement dédiés à ce média. Le sujet est également abordé dans de nombreux modules sur mesure et, plus rapidement, dans les formations L’édition multisupport et XML pour l’édition.

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En pratique(s)

FLV, le format des vidéos en ligne

 

Le format le plus pratique et le plus universel pour la mise en ligne de vidéos sur Internet est aujourd’hui le FLV (Flash Video), d’Adobe (ex-Macromedia). Il présente d’importants avantages :
– il peut être lu sur tous les ordinateurs, puisqu’il passe par le lecteur multimédia Flash Player, installé sur plus de 98 % des machines, tout en étant reconnu par de nombreux autres lecteurs, souvent gratuits ;
– il utilise le streaming (ou « lecture en transit »), qui permet à l’internaute de commencer à visionner la vidéo dès qu’une petite partie est téléchargée, le téléchargement se poursuivant en même temps que la lecture ;
– il offre un bon compromis entre taux de compression, donc légèreté, et qualité du rendu – sachant que les vidéos sont par nature des fichiers très lourds, autrement dit que ce que l’on nomme ici « bon compromis » peut décevoir l’utilisateur non averti ;
– les outils permettant de convertir un fichier à ce format sont nombreux.

À telle enseigne que le FLV a été adopté par les plus gros sites de partage de vidéos : YouTube, Dailymotion, Google Video… En bref, si vous diffusez des vidéos sur votre site Internet ou votre blog, n’hésitez pas à faire comme eux : c’est très simple !

Créer et mettre en ligne des fichiers FLV

Flash Video Encoder, présent dans Flash 8 Professional et dans la version Premium de la suite CS3 Web, est le logiciel professionnel le plus reconnu – c’est surtout le premier à avoir proposé ce format – pour la création de fichiers FLV, mais de nombreux autres outils, y compris gratuits, sont également disponibles.

Pour créer vos vidéos FLV avec ce logiciel, la procédure est la suivante :
1) sélectionnez les vidéos que vous souhaitez convertir ;
2) pour chaque vidéo, choisissez dans les paramètres le niveau d’optimisation voulu (pour une bonne qualité, préférez le niveau élevé, même s’il est lourd) ;
3) déterminez la version du futur lecteur (n’allez pas au-delà de la version 8, pour être sûr qu’un maximum d’utilisateurs puissent lire la vidéo) ;
4) lancez la file d’attente (les fichiers FLV sont enregistrés dans le même dossier que les vidéos d’origine ; c’est eux qui seront mis sur Internet).

Pour mettre en ligne vos vidéos FLV :
1) créez une page HTML ou utilisez une page existante (dans Dreamweaver CS3 : Insertion > Médias > Flash Video) ;
2) sélectionnez le fichier FLV, choisissez un habillage (« enveloppe », dans Dreamweaver) pour le lecteur et les options souhaitées (dimensions, lecture automatique…) ;
3) placez le fichier HTML, le fichier FLV et les fichiers SWF du lecteur sur le serveur.

Si vous souhaitez bénéficier des options, souvent intéressantes, proposées par d’autres lecteurs, il vous faut choisir un lecteur, le télécharger et insérer dans la page HTML le code qui vous est en général donné par le créateur du lecteur. Vous devrez alors mettre le fichier du lecteur sur le serveur, avec les fichiers HTML et FLV.

Les vidéos qui vont être mises en ligne dans l’espace de suivi pédagogique de l’Asfored seront au format FLV.

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La préparation de copie : à l’écran ou sur papier ?

 

L’article intitulé « La copie idéale pour travailler à l’écran ou sur papier », paru dans notre dernier numéro, a fait réagir une lectrice. « La méthode conseillée pour la préparation du manuscrit me semble ancienne. On perd tout l’avantage d’un calibrage possible », s’étonne-t-elle. Sa remarque a l’intérêt de poser le problème de la méthode de travail et de la manière dont le degré de responsabilité du professionnel concerné peut influer sur cette méthode. C’est pourquoi nous avons décidé de revenir sur ce sujet.

Une question de contexte… et de confiance

En ce qui concerne le calibrage, dès lors que l’on a le fichier informatique, il est toujours possible de l’utiliser pour connaître le nombre de signes du manuscrit, même si la mise au point du texte doit ensuite être effectuée sur papier. Et si, au cours de cette mise au point, il faut raccourcir ou rallonger, les lecteurs-correcteurs sont normalement capables d’évaluer le volume de texte qu’ils coupent ou ajoutent.

Préparation éditoriale,
préparation typographique

Ce que l’on nomme couramment « préparation de copie » se divise en réalité en deux missions différentes :

– la mise au point du texte, ou préparation éditoriale, qui consiste au minimum à vérifier les informations, mettre au point puis appliquer la marche typographique appropriée (utilisation de l’italique, placement des capitales initiales, écriture des nombres, etc., à l’intérieur des paragraphes), rectifier les erreurs orthographiques et syntaxiques ;

– la mise au point de la forme du texte, ou préparation typographique, qui passe par l’identification claire de la nature de chacun des types de paragraphes présents dans le manuscrit (texte courant, titres de chapitres, intertitres de niveau 1, intertitres de niveau 2, notes, etc.).

Sauf pour des ouvrages très simples, il est préférable que cette dernière soit menée par la personne qui a retravaillé le texte, car elle est la mieux placée pour dire à quel niveau appartient, par exemple, tel ou tel titre intérieur. Dans tous les cas, il est souhaitable qu’elle soit effectuée dans le fichier, au moyen des feuilles de style du traitement de texte. En effet, le travail de composition en sera considérablement simplifié, puisque ces feuilles de style pourront être remplacées par celles du logiciel de mise en page et que les enrichissements typographiques à l’intérieur des paragraphes seront ainsi conservés. Quand le préparateur travaille uniquement sur papier, il effectue généralement la préparation typographique en balisant le texte au moyen d’un code couleurs. Les informations qu’il transmet de cette manière doivent ensuite être traduites dans le fichier sous forme de feuilles de style.

Le vrai dilemme réside donc dans la question de savoir si la préparation – éditoriale, mais aussi typographique (voir l’encadré ci-contre) – doit être effectuée directement dans le fichier ou d’abord sur papier. La réponse dépend le plus souvent du contexte, mais parfois aussi des préférences du professionnel concerné.

En effet, alors qu’une personne pleinement responsable de ses interventions – ce qui est probablement le cas de notre lectrice – peut décider seule de la manière dont elle va travailler, de nombreux éditeurs de livres imposent à leurs préparateurs de copie de porter leurs corrections sur le papier, quitte à devoir ensuite les faire saisir. L’explication est simple : ils veulent pouvoir identifier rapidement les modifications demandées – souvent pour en supprimer, en modifier ou soumettre à l’auteur les plus délicates –, mais ne sont pas encore experts dans l’utilisation du « Suivi des modifications » de Word. Certes, cette pratique est ancienne, mais certains diront que, justement, elle a fait ses preuves. Quoi qu’il en soit, elle se justifie, notamment, dans le domaine de la littérature.

En fait, le véritable inconvénient de cette utilisation exclusive du stylo rouge et du crayon ne concerne pas le calibrage, mais le soutien bien réel que peuvent apporter les outils informatiques : « décoquilleur » de Word, fonction Rechercher-Remplacer, logiciel d’aide à la correction ProLexis… Conscients de l’utilité de ces auxiliaires, d’autres éditeurs fournissent les fichiers texte aux préparateurs, généralement en leur demandant en retour un fichier préparé – avec ou sans Suivi des modifications, selon la confiance qu’ils placent dans leurs collaborateurs et/ou les contraintes de temps.

À l’écran et sur papier

Mais même dans ce cas le préparateur ne choisira pas forcément de tout faire à l’ordinateur. Nombreux sont en effet les lecteurs-correcteurs, même expérimentés, qui s’estiment incapables de mettre au point directement à l’écran des ouvrages volumineux et ardus (par exemple des essais de sciences humaines). Et ils n’ont pas forcément tort.

D’autres, même pour des textes plus simples, préfèrent « nettoyer » le fichier au moyen des outils informatiques, avant d’imprimer pour poursuivre leur préparation sur papier. Il leur faut alors saisir leurs corrections dans un second temps. Mais cette saisie est encore l’occasion d’un nouveau regard sur le texte, donc parfois d’améliorations supplémentaires.

L’éditeur n’est pas toujours au courant de cette « cuisine interne ». Mais une chose est sûre : si elle est dévoreuse de temps pour le préparateur – qui est généralement rémunéré en fonction du nombre de signes, et non du temps réellement passé –, elle est souvent le meilleur moyen d’obtenir un résultat de grande qualité. Or une préparation de copie très aboutie, ce sont des épreuves peu « chargées », donc en nombre limité.

Ce sujet est approfondi de manière théorique et par l’exemple dans le stage Préparation de copie, correction d’épreuves.

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Importer plusieurs images dans InDesign CS3

 

InDesign CS3 permet d’importer plusieurs images en même temps dans un document. Pour cela, il faut d’abord sélectionner les images souhaitées, soit directement dans leur dossier, sur le bureau ou dans Bridge – si l’on compte utiliser le Glisser-déposer –, soit dans la fenêtre Importer du menu Fichier. Un clic effectué en maintenant la touche Maj enfoncée permet de sélectionner une série d’images en continu ; pour une série discontinue, remplacer Maj par Pomme (sur Mac) ou Ctrl (sur PC). Dans InDesign, le pointeur a désormais l’aspect d’une vignette image, sur laquelle est précisé le nombre d’images sélectionnées.

Il ne reste plus ensuite qu’à placer les bonnes images aux bons endroits : pour se déplacer dans la série et sélectionner celle que l’on veut mettre en place, il suffit d’appuyer sur les touches flèches gauche ou droite ; un clic sur la page ou dans un bloc image existant y importe l’image.

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Coûts iconographiques : une aide du CNL peu exploitée

 

Petit rappel pour les éditeurs d’ouvrages contenant une iconographie importante – mais non prépondérante : il existe une aide du Centre national du livre (CNL) dédiée aux coûts iconographiques (droits et photogravure). Pouvant atteindre 50 % de ces coûts, elle s’applique aux publications « nécessitant des apports d’images indispensables à la compréhension du texte, en particulier dans le domaine de l’histoire de l’art et des sciences humaines ». La raison de ce rappel ? Cette subvention est sous-employée : selon Philippe Babo, chef du Bureau des ouvrages spécialisés et revues au CNL, seuls seize ouvrages en ont bénéficié en 2006, pour un montant global de 101 500 euros sur un budget prévisionnel de 145 000 euros (pour 2007, le numéro de janvier de Beaux-Arts Magazine mentionne neuf ouvrages soutenus et à peine une quinzaine de demandes).

Accéder à la présentation détaillée de cette aide (site du CNL)

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Histoire vraie

« Le rôle du maître d’apprentissage,
c’est de faire en sorte que l’apprenti se révèle »

 

Christophe Camacho, le chef de fabrication du service Guides, annuaires et marketing de  Wolters Kluwer France, est maître d’apprentissage depuis son arrivée dans le groupe, en 2000. Depuis bientôt deux ans, Alice Le Flahec mène sa formation de technicienne de fabrication en alternance entre ce service et l’Asfored. Leur dialogue le montre : chacun trouve pleinement son compte dans cette relation de transmission qui peut fonctionner à double sens.

 

 

Deux bacs scientifiques puis un BTS Industries graphiques pour Christophe Camacho. Un master 1 de lettres modernes et un BTS Édition en cours de préparation pour Alice Le Flahec. Entre l’apprentie et son « maître », c’est la confiance qui semble dominer.

 

Christophe Camacho, quelle est la place d’Alice, votre apprentie, dans votre service ?

Christophe Camacho. Elle en fait partie au même titre que les quatre autres fabricants. Au début, elle travaillait d’abord avec moi, parce que c’est moi qui ai la visibilité sur les RTT et les surcharges. Maintenant, je n’ai plus besoin de préciser « Ce dossier, tu le gères », et les personnes qui s’absentent s’adressent directement à elle.

Alice Le Flahec. C’est toi le tuteur, mais tout le monde prend mon apprentissage à cœur.

A-t-elle les mêmes missions que les autres fabricants ?

Christophe. Elle prend en charge des dossiers complets ou partiels.

Alice. L’alternance ne me permet pas d’accéder aux dossiers longs.

Christophe. L’avantage de notre service, pour un apprenti, est que nous nous occupons des guides et annuaires, mais aussi des produits marketing. Pour le marketing, le délai de fabrication est généralement de cinq jours ouvrés. Alice peut donc gérer complètement le dossier. Pour les guides et annuaires, en revanche, la fabrication court sur plusieurs semaines. Quand elle revient de sa semaine à l’Asfored, il faut qu’elle se mette au courant. Heureusement, elle est vive !

Le poste occupé par Alice a-t-il d’autres spécificités ?

Christophe. À côté de la fabrication classique, elle fait plus de travail administratif que les autres : elle s’occupe des bons de commande, de la facturation, et elle renseigne notre ERP [enterprise resource planning, en français « progiciel de gestion intégré »]. Wolters Kluwer étant coté en Bourse, nous sommes obligés d’utiliser ce type de logiciel. Pour Alice, je crois que c’est un plus, car bientôt toutes les maisons d’édition devront en avoir un. En outre, cela lui permet d’appréhender l’ensemble de la fabrication : composition, impression, livraison. Et ça lui donne accès aux prix.

Alice. Dès le début, Christophe m’a confié du vrai travail. Je n’ai jamais fait de classement ou le café… Je ne suis pas une « petite main ». Ici, j’ai la chance d’être au cœur de la fabrication, de faire des choses concrètes et intéressantes. Je peux voir l’évolution de mon apprentissage : l’année dernière, certaines choses me paniquaient ; plus maintenant.

Comment Alice est-elle encadrée ?

Christophe. Elle a beaucoup d’autonomie, comme tous les fabricants de mon service. Comme eux, elle a des comptes à me rendre si elle fait une boulette. La seule différence, c’est qu’elle doit aussi m’informer de son travail scolaire.

Alice. Christophe m’oblige à prendre mes responsabilités. D’autres apprentis sont suivis de manière plus « serrée ».

Christophe. Quand je suis arrivé dans l’édition, mon chef de fabrication m’a dit : « On est dans une piscine. Soit on coule tous, soit on nage. » Cela oblige à s’intéresser à ce qui se passe autour de soi. Pour moi, le rôle du maître d’apprentissage, c’est de faire en sorte que l’apprenti se révèle.

 

Et que vous apporte le fait d’avoir une apprentie ?

Christophe. Les jeunes venus d’horizons variés et intéressés par la fabrication ont une vision neuve de ce que nous faisons. Leur présence nous aide à remettre en cause nos pratiques. L’Asfored a le devoir de suivre les mutations du métier ; à travers les apprentis, nous voyons comment les choses évoluent. Et puis, grâce à l’école, ils sont au courant des dernières technologies. Même si nous avons une cellule de veille technologique, ils peuvent nous apporter des informations.

Alice. On nous dit la même chose à l’Asfored à propos de nos entreprises !

Christophe. C’est un véritable échange.

Justement, comment se répartissent les rôles entre l’école et l’entreprise ?

Alice. À l’école, on a une vision encore plus globale. Par exemple, on a des cours de préparation de copie, alors qu’ici je ne touche pas à l’amont de la fabrication. Dans l’entreprise, on voit les choses en détail et on est confronté à des difficultés réelles. Je demande parfois à Christophe des éclaircissements, je lui pose des questions qui me sont venues en cours.

Christophe. Il y a aussi l’aspect humain. Tant qu’on n’est pas entré dans une entreprise, on ne sait pas ce que c’est.

Mais cela a un coût, pour vous et pour votre entreprise…

Christophe. Le temps que je passe, surtout la première année, à former l’apprenti est un investissement. En deuxième année, il y a un « retour sur investissement ». Tout s’équilibre. En termes financiers, ça reste favorable pour l’entreprise : Alice travaille à mi-temps, mais son salaire est inférieur à celui d’un mi-temps. Tout le monde y trouve son compte.

Alice, pourquoi avez-vous choisi l’apprentissage ?

Alice. Il m’a semblé que c’était un bon moyen de mettre un pied dans le monde du travail. Avant, j’avais entamé un master de lettres modernes option édition et fait six mois de stage au service édition de l’École des beaux-arts. C’est là que je me suis rendu compte qu’il me fallait une spécialisation. Et j’ai pensé qu’avec l’alternance je me sentirais plus préparée, plus crédible. L’apprentissage m’a effectivement permis de m’aguerrir.

Votre profil littéraire ne vous portait pourtant pas de manière évidente vers la fabrication.

Alice. J’ai un bagage culturel, et j’avais besoin d’un complément concret. Grâce à mon stage à l’École des beaux-arts, j’ai réalisé qu’il était essentiel de connaître la chaîne du livre dans son ensemble, quel que soit le poste que l’on occupe.

Christophe. La formation d’Alice lui est utile pour faire face au caractère international de notre métier : elle peut facilement parler anglais avec un imprimeur italien, écrire un mail à un fournisseur hollandais… Et l’évolution est telle, avec l’informatisation, que l’on a maintenant plus besoin de comprendre comment fonctionne l’outil que ce qu’il fait. On ne fait plus de règle de trois, mais Alt F4 !

Êtes-vous toujours en contact avec vos précédents apprentis ?

Christophe. Oui. Il y en a un qui est devenu fabricant chez Lamy. Il travaille à quelques bureaux d’ici, et il a une apprentie. Celle qu’Alice a remplacée il y a un an et demi, Lauriane, est maintenant chef de fabrication dans une agence de création. Bientôt, c’est elle qui aura des choses à m’apprendre…

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