n° 4
Juin-sept. 2006

ÉDITORIAL

Des candidats au BTS confiants, une jeune éditrice heureuse, des astuces pour vous simplifier la vie, et même des fées... cette Lettre de l’Asfored a déjà un petit air de vacances. À savourer sur la plage ou dans le calme de bureaux désertés, en attendant le prochain numéro, qui vous parviendra fin septembre. Bon été !

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SOMMAIRE
 

L’Asfo et vous
À mi-parcours de l’examen, des apprentis confiants – L’Asfored renforce ses Réseaux des anciens

Exploration
L’État et la Région, bonnes fées du livre – « Créer les conditions de développement des opérateurs » – L’Europe adhère à la convention de l’Unesco sur la diversité culturelle

En pratique(s)
Insérer des pages blanches en début de section dans XPress – Un pilote de clavier étendu qui rapproche enfin le PC du Mac – « Elles se sont succédé » en deux temps, trois mouvements

Histoire vraie
« La formation qui m’a permis d’entrer dans l’édition »

L’Asfo et vous

 
À mi-parcours de l’examen, des apprentis confiants

De retour à l’Asfored,
lundi 29 mai, les candidats au BTS 2006 mettent
la dernière main à leur « projet professionnel », qu’ils défendront entre
le 14 et le 16 juin.

Mercredi 24 mai, 18 heures. La cinquantaine de candidats au BTS Édition quittent par petits groupes l’école Estienne, où ils viennent de passer leur deuxième journée d’examen. « Surpris et un peu déçus », selon Lauriane, apprentie de l’Asfored à l’accent doucement méridional. « Les épreuves de fabrication et d’économie représentaient la moitié de ce qu’on a l’habitude de faire, précise-t-elle. On est restés sur notre faim. Et on ne sait pas à quels résultats s’attendre, parce que le vocabulaire utilisé ne correspondait pas vraiment à celui que nous employons dans la vie de tous les jours. » Il faut dire que Lauriane a fait une belle peur à l’équipe de l’Asfored mardi, quand on l’a vue arriver à 16 heures alors que l’épreuve de synthèse se terminait à 18 heures... Mais non, elle n’avait pas séché l’examen – ce qui, du reste, ne semble pas être dans son caractère. Elle avait juste terminé tôt. « Ça s’est plutôt bien passé, confirme Jean-Michel, même si on n’avait pas l’habitude de ce type de sujets. Pour l’épreuve de fabrication, les tarifs étaient bizarres et on voulait nous faire choisir une solution que je ne retiendrais jamais en fabrication réelle. Du coup, on est nombreux à avoir fait la même erreur, mais comme on arrive au bon résultat... »

Plutôt confiants, donc, les candidats de l’Asfored, même si Jean-Michel reconnaît avoir passé un mauvais moment pendant l’épreuve de français, matière qui n’est pas son fort. Il semble en tout cas que dans les deux matières à coefficient 4 (fabrication et économie) tous aient eu les moyens de faire face.

« Je veux avoir toutes les compétences requises »

La suite ? Informatique le 6 juin, puis les oraux de présentation du « projet pro » et du rapport de stage, et enfin d’anglais, les 14, 15 et 16 juin. D’ici là, les apprentis passeront encore une semaine au CFA, consacrée principalement à finaliser leur projet éditorial. « Pour les oraux, on est déjà bien préparés : on a eu trois séances d’entraînement cette année, plus une séance de conseils personnalisés », explique Jean-Michel. Ils attendront ensuite les résultats en terminant leur apprentissage dans leur entreprise d’accueil : le service communication d’Aéroports de Paris pour Jean-Michel ; les Éditions du Point vétérinaire et le service marketing des Éditions Lamy pour Lauriane.

En septembre, le premier espère trouver un emploi polyvalent, entre fabrication et maquette. Comme le poste qu’il a expérimenté pendant ces deux années et ceux qu’il a connus en stage quand il préparait son BEP puis son bac professionnel Industries graphiques, option Prépresse. Quant à la seconde, elle se verrait bien continuer avec un cursus généraliste de deux ou trois ans dans une école de commerce, l’ISEE. Demandez-lui quel rapport elle voit entre le BTS Édition et cette nouvelle formation, la réponse est limpide : « Quand on est fabricant dans une grosse entreprise, on évolue et on doit gérer du personnel. Si je dois un jour être chef de fabrication, je veux avoir toutes les compétences requises. Et puis cette école est ouverte à l’international et propose elle aussi le système de l’alternance. »

En savoir plus sur la préparation au BTS Édition et les épreuves de l’examen d’État.

 
L’Asfored renforce ses Réseaux des anciens

Une base de données intégrant le parcours, la formation et les coordonnées professionnelles de tous ceux qui ont suivi le mastère spécialisé Management de l’édition et le BTS Édition : tel est l’outil que l’Asfored met désormais à la disposition de « ses » anciens, mais aussi des entreprises du secteur. Les objectifs de ce service sont de renforcer les réseaux existants, de tisser des liens entre professionnels issus des deux formations et d’offrir aux directions des ressources humaines l’accès à un vivier de talents.

Cette base est divisée en deux parties, accessibles respectivement dans les menus « Mastère spécialisé Management de l’édition » et « BTS Édition » (domaine « Formation initiale ») du site de l’Asfored. Chaque titulaire d’un identifiant et d’un mot de passe, qu’il soit ancien élève ou responsable du recrutement dans une maison d’édition, peut visualiser les informations complètes des deux parties.

Les raisons de consulter ces « Réseaux des anciens » sont variées :
– découvrir les parcours de tous ceux qui ont été formés par l’Asfored (dans le cas du mastère spécialisé, en partenariat avec l’ESCP-EAP) ;
– reprendre contact avec un camarade de promo ;
– recruter un collaborateur...

Il appartient maintenant aux anciens de s’approprier ce nouvel instrument de communication, en complétant et mettant régulièrement à jour les informations qui les concernent, et en transmettant leurs suggestions à l’Asfored. Les fonctionnalités de la base seront peu à peu enrichies en tenant compte de ces remarques et de celles des entreprises.

Les autres visiteurs du site ne sont pas oubliés : un accès aux postes occupés, aujourd’hui et hier, par les anciens élèves de l’Asfored leur permet de se faire une idée de la variété des débouchés de ces formations.

Accéder au Réseau des anciens du mastère spécialisé Management de l’édition et demander un mot de passe.

Accéder au Réseau des anciens du BTS Édition et demander un mot de passe.

 

Exploration

 
L’État et la Région, bonnes fées du livre

Le livre est un produit à la fois culturel et marchand. En tant que bien culturel, il a une valeur publique. En tant que produit commercialisé, il a une valeur de marché (le prix que le consommateur est prêt à payer pour son acquisition). Et, comme tout bien culturel, il relève d’un commerce qui s’inscrit essentiellement dans une économie de l’offre. Or, ainsi que l’ont montré les résultats des ventes pour l’année 2005 (– 1,5 % en volume, – 0,5 % en valeur, selon Livres Hebdo, dans un contexte d’augmentation de la production commercialisée de 2,4 % et d’évolution des prix de + 0,8 %), le livre ne parvient pas toujours à trouver ses lecteurs. Surtout quand il est produit et mis en vente par une maison dont la capacité d’information et de communication est plus faible que celle des grands groupes d’édition.

Le soutien de l’État à la « bibliodiversité »

Préserver la « bibliodiversité », autrement dit la diversité des publications et celle des acteurs du secteur, est en France l’objectif majeur de la politique nationale de soutien au livre. Une politique qui repose encore en grande partie sur les mesures mises en place sous l’égide du ministre de la Culture Jack Lang afin, notamment, de favoriser une production socialement désirée mais pas forcément rentable :
– loi de 1981 sur le prix unique du livre, qui visait à sauvegarder la librairie indépendante en freinant la concentration de la distribution et, en interdisant le discount, à instaurer une forme de « subvention » indirecte versée par les consommateurs et distributeurs de best-sellers aux consommateurs et distributeurs de livres plus « difficiles » ;
– loi de 1985 sur le droit d’auteur, reconnaissant les droits voisins et dérivés ;
– baisse de la TVA sur les livres, qui passe à 5,5 % en 1989.

À ces initiatives d’ordre général s’ajoutent un soutien ciblé au développement des librairies et des maisons d’édition, ainsi que des aides à l’emploi et à la formation. Les dispositifs visant à l’élargissement de l’accès à la lecture, à la conservation, à la valorisation et à l’enrichissement des fonds patrimoniaux des bibliothèques, ou encore au développement de la vie littéraire, quant à eux, produisent naturellement un effet positif sur l’économie du livre.

Les acteurs de la politique nationale

Le principal relais de la politique élaborée, au sein du ministère de la Culture et de la Communication, par la direction du Livre et de la Lecture (DLL) est constitué par les directions régionales des Affaires culturelles (Drac). Services déconcentrés du ministère, les Drac le représentent sur l’ensemble du territoire. Elles ont notamment pour missions, à travers leurs conseillers pour le livre et la lecture, d’accompagner les opérations de promotion du livre, d’encourager la création littéraire, de favoriser le développement de la lecture, de renforcer le réseau des bibliothèques publiques et la coopération des bibliothèques entre elles... Les aides qu’elles octroient directement à l’édition concernent essentiellement la modernisation et la restructuration des entreprises, ainsi que l’amélioration des moyens de commercialisation et la formation professionnelle. Les Drac n’ont pas vocation à soutenir des publications ponctuelles, mais elles fournissent une information sur les autres recours existants, nationaux, régionaux ou européens.

L’action des Drac est en effet complétée par celle d’instances à couverture nationale : le Centre national du livre (CNL), qui soutient l’ensemble de la chaîne du livre, notamment la création et la diffusion des œuvres « les plus exigeantes sur le plan littéraire » ; le Bureau international de l’édition française (Bief), qui, avec l’appui du ministère des Affaires étrangères, s’attache à promouvoir le livre français à l’étranger ; l’Institut de financement du cinéma et des industries culturelles (Ifcic), dont le rôle est de faciliter l’accès des entreprises culturelles au crédit bancaire...

L’engagement des collectivités territoriales

Mais la culture n’est pas seulement une économie que l’on doit protéger des lois du marché : elle est également un secteur dynamique et innovant qui joue un rôle dans le développement local. Pour cette raison – et parce que le rayonnement culturel participe à leur image –, les collectivités territoriales engagent elles aussi d’importantes actions de soutien, de manière indépendante ou dans le cadre de contrats de plan État-Région, de contrats de ville et de conventions de développement culturel.

Même si le processus de décentralisation – à commencer par les « lois Defferre » de 1982-1983 – ne leur a pas explicitement donné compétence en la matière, toutes les Régions ont mis en place une politique culturelle, principalement axée autour de l’aménagement du territoire, du développement économique, de l’éducation et de la formation professionnelle. Parce qu’elle peut relever de plusieurs services (économie, culture, international, jeunesse...), la part octroyée par chaque Région au livre, et plus spécifiquement à l’édition, est difficile à mesurer.

La quasi-totalité de ces collectivités sont cependant dotées d’un « centre régional du livre », cofinancé par l’État. Ces associations régies par la loi de 1901 sont chargées d’assister les élus dans l’élaboration de leur politique de soutien au livre et à la lecture, puis de mettre en œuvre cette politique à travers des actions destinées aussi bien aux professionnels du livre et de la lecture qu’au public. Les conseils régionaux s’appuient sur leur expertise pour accorder des aides à la publication, au programme éditorial, à l’achat d’ouvrages, à la structuration, voire à la création d’emplois. (Pour un exemple des actions menées par un centre régional du livre, voir, ci-dessous, l’entretien avec Patrick Volpilhac, directeur de l’Arpel Aquitaine.)

Car l’obtention d’une aide, qu’elle soit régionale ou nationale, est bien sûr soumise à conditions. Le plus souvent, la structure doit avoir l’édition pour activité principale et distribuer sa production en librairie – à tout le moins réaliser des efforts concrets de commercialisation.

Combien de livres n’auraient pas vu le jour sans le concours des bonnes fées du soutien public ? À quoi ressemblerait le paysage éditorial français ? Qu’on le juge efficient ou imparfait, excessif ou insuffisant, notre système participe incontestablement à la défense et illustration de cette « diversité culturelle » dont il est tant question ces temps-ci.

 
« Créer les conditions de développement des opérateurs »

Patrick Volpilhac est le directeur de l’Agence régionale pour l’écrit et le livre en Aquitaine (Arpel), qui dépend à 80 % du conseil régional et à 20 % de l’État. En revenant sur la mission d’audit et conseil menée par l’Asfored pour la Région, il évoque les problématiques qui sous-tendent toute politique publique de soutien.

Quelles sont les missions de l’Arpel ?

L’Arpel traduit en actions concrètes la politique du conseil régional d’Aquitaine en matière de soutien au livre. Ses missions comprennent la promotion des éditeurs de la région, l’aide à la librairie indépendante, l’animation du réseau de lecture publique, la valorisation du patrimoine écrit et documentaire ; elle s’attache à développer la lecture, en intervenant auprès des jeunes (nous pilotons plus de soixante projets de lycées) et en milieu pénitentiaire ; elle encourage la vie littéraire (soutien aux manifestations, résidences d’auteurs...) et diffuse l’information sur le livre, à travers une revue trimestrielle, Lettres d’Aquitaine, son site Internet et une newsletter par mail ; elle favorise la coopération entre les différents métiers du livre. Et puis elle est associée à l’élaboration de la politique publique : nous enrichissons la réflexion ; les élus décident des orientations.

Comment est constituée l’équipe ?

Nous sommes quinze, ce qui fait de l’Arpel, avec l’Arald [Agence Rhône-Alpes pour le livre et la documentation], une des plus grosses agences régionales du livre. La plupart des collaborateurs ont un passé de professionnels du livre (libraire, bibliothécaire...) ou d’opérateurs culturels. Le responsable des résidences d’auteurs est lui-même un écrivain.

Il y a un an, le conseil régional d’Aquitaine a souhaité revoir son dispositif de soutien à l’édition. Pourquoi ?

La première raison est que les politiques publiques doivent être évaluées et réadaptées régulièrement. La seconde tient au fait que nous avons mis en place en 2003 une politique volontariste d’accompagnement de la librairie indépendante, avec un panel d’interventions très large. Cela nous a conduits à nous poser la question des éditeurs. La Région donne beaucoup de moyens à l’édition, sous forme de subventions et en organisant quelques opérations phares. Le budget 2006 est de 210 000 euros, sans compter le soutien à l’édition en langues régionales. Notre idée n’était pas d’augmenter encore ces moyens, mais de les utiliser de manière plus appropriée.

Vous avez donc confié à l’Asfored une mission d’étude et de conseil. Qu’en attendiez-vous ?

Nous avions commencé par dresser un état des lieux de l’édition en Aquitaine. Ensuite, il nous a semblé qu’il était temps de croiser les problématiques culturelles et économiques. En tant que secteur à forte notoriété, l’édition apporte à la région une image culturelle. Pour lui donner une coloration plus économique, nous avions besoin que les éditeurs se prennent plus en charge. Nous voulions leur dire : regardez la structure de votre maison ; où sont vos manques ? dans le panel des aides possibles, lesquelles vous paraissent les plus pertinentes ? vous voulez être aidés ? interrogez-vous sur votre économie et organisez-vous... Pour cela, une intervention extérieure était préférable. Le fait d’avoir un interlocuteur reconnu, doté d’une assise nationale et comprenant l’importance des régions nous a rassurés.

Que vous a apporté cette étude ?

Elle nous conforte dans le sentiment que nous avions de la nécessité pour l’Arpel de développer l’aspect service : nous devons accompagner le développement commercial des maisons d’édition en réalisant des audits, renforcer les outils de promotion, jouer un rôle d’interface en aidant les éditeurs dans leurs demandes de financements européens ou nationaux, être le lieu de l’interprofession en région... En tant qu’agence de service public, nous devons créer les conditions de développement des opérateurs, pas faire à leur place. En ce qui concerne le conseil régional, les préconisations de l’Asfored ne modifient pas l’équilibre sur le plan culturel, mais elles bouleversent l’équilibre économique : les éditeurs de la région ont besoin d’aides à l’embauche, à la formation, à l’acquisition de terrains...

Quelles conséquences allez-vous tirer de ces préconisations ?

Tout dépend maintenant de la capacité des éditeurs à être réactifs. On n’aidera pas tout le monde : une politique publique, ce n’est pas la division de la somme allouée par le nombre d’opérateurs. C’est pourquoi l’édition doit avoir un discours structuré. Pour mutualiser les services, il faut d’abord pouvoir être ensemble autour d’une table. La structuration d’une filière passe par l’élaboration d’une revendication commune, ensuite il faut arriver à déléguer la responsabilité. C’est ce qu’ont réussi à faire les libraires de la région, à travers l’association Librairies atlantiques en Aquitaine.

Plus précisément, quels types de projets pensez-vous soutenir, et à quelles conditions ?

Les éditeurs doivent être dans une dynamique de professionnalisation. Et les projets doivent s’inscrire dans une logique patrimoniale ou identitaire. La subvention ne peut pas servir à assouvir une passion, ni être une variable d’ajustement. Il n’est pas bon d’injecter des aides dès la création d’une maison. Nous sommes là pour aider des entreprises qui ont déjà au moins quelques années d’existence à se développer, puis arrêter de les aider.

Accéder au site de l’Arpel.

 
L’Europe adhère à la convention Unesco sur la diversité culturelle

Le 18 mai, les ministres de la Culture des pays membres ont approuvé, au nom de la Communauté européenne, la Convention Unesco sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. L’Europe rejoint ainsi le Canada et l’île Maurice, déjà parties à la convention, et le Burkina Faso, où le processus de ratification est très avancé. La France, pour sa part, a entamé le 22 mars un processus identique.

Lors de son adoption par l’Unesco, le 20 octobre 2005, le texte a reçu l’approbation de 151 des 191 États membres de l’organisation, les États-Unis et Israël s’étant abstenus. « C’est la garantie de la survie des cultures minoritaires », s’est réjoui le ministre ghanéen de la Culture. Conçue comme un instrument juridique international visant en particulier à « créer les conditions permettant aux cultures de s’épanouir et interagir librement de manière à s’enrichir mutuellement » (article premier), cette convention a cependant suscité des réactions contrastées. En effet, si la plupart des responsables politiques concernés y voient, comme le ministre français, Renaud Donnedieu de Vabres, « une réponse à la question complexe de la relation entre culture et commerce », certains observateurs lui reprochent d’être en réalité dépourvue du caractère juridiquement contraignant indispensable. Se pose notamment la question des rapports entre ce texte et les règles établies par l’OMC pour réguler les échanges mondiaux.

Lire le texte de la convention.

 

En pratique(s)

 
Insérer des pages blanches en début de section dans XPress

Le document XPress que vous transmettez au flasheur ou à l’imprimeur doit être le reflet exact de l’ouvrage façonné. Autrement dit il doit contenir toutes les pages blanches du produit fini, pas une de plus, pas une de moins – et elles doivent être au bon endroit ! Si vos chapitres commencent systématiquement en belle page, il vous faut donc placer une page de gauche (vierge) à la fin des chapitres dont le texte s’arrête en page de droite. Ou débuter chaque nouvelle section par un numéro de page pair, ce qui vous permettra d’insérer, dans le plan de montage, une page blanche en vis-à-vis de la page de départ du chapitre. Ainsi, lorsque vous aurez généré les PDF, vous pourrez les réunir en un seul fichier sans vous soucier ni du nombre de pages ni des folios (si ce n’est pour vérifier qu’ils sont valides).

 
Un pilote de clavier étendu qui rapproche enfin le PC du Mac

Obtenir simplement, dans tous vos logiciels fonctionnant sous Windows, un Ç, un œ, un É ou encore le signe × (« multiplié par »), c’est désormais possible ! Grâce à un pilote de clavier français enrichi que vous pouvez télécharger gratuitement, vous n’aurez plus qu’à appuyer conjointement sur Alt Gr et sur une unique touche du clavier. Fini, le passage par Insertion > Caractères spéciaux ou le Copier-Coller ! Terminé, le recours aux successions du type Ctrl + 4 suivi de Maj + E (combinaison qui reste valable pour le É, mais que vous pouvez désormais remplacer par Alt Gr + w) ou Ctrl + & suivi de o pour le œ (dorénavant Alt Gr + o, tout simplement) ! Dans Word, dans XPress, dans InDesign, dans votre logiciel de messagerie... votre PC rattrape enfin le Mac pour la simplicité de la saisie ! La page sur laquelle vous pouvez télécharger ce minuscule utilitaire comprend un mode d’emploi très clair, qui vous explique notamment à quelles versions de Windows vous pouvez l’associer, comment l’installer, comment le désinstaller, comment l’utiliser...

 
« Elles se sont succédé » en deux temps, trois mouvements

« Elles se sont succédé » est un classique des tests visant à évaluer les futurs correcteurs. Savoir l’écrire est néanmoins utile à tous ceux qui interviennent dans des textes, comme à ceux qui en produisent – fût-ce des e-mails. Comme « (se) rendre compte », « (se) ressembler » et quelques autres, « (se) succéder » est un verbe dont le participe passé est, à la forme pronominale, toujours invariable. On trouve une liste de ces verbes dans tous les ouvrages sur les difficultés du français, mais il existe un moyen plus rapide de résoudre le problème.

1) Éliminez la possibilité que le verbe appartienne à la catégorie des « essentiellement pronominaux » (autrement dit de ceux qui n’existent qu’avec le pronom personnel), comme « s’absenter », « se rebeller », etc., dont le participe passé s’accorde avec le sujet.

2) Demandez-vous si ce verbe peut avoir, à la voix active, un complément d’objet direct : arrive-t-il que l’on succède, rende compte, ressemble... quelqu’un ou quelque chose ? Pas vraiment ! Vous ne mettrez donc ni e ni s – ou vous les supprimerez.

Vous avez adopté la bonne solution en deux temps et seulement trois mouvements. Bien sûr, si le verbe qui vous inquiète admet un complément d’objet direct, il vous faudra pousser plus loin la réflexion en recherchant un tel complément dans la phrase – s’il est placé avant le verbe, vous accorderez sur lui le participe. Et il peut encore s’agir d’un « pronominal par gallicisme » (« se douter de », « se moquer de », « se refuser à », etc.), qui, comme les « essentiellement pronominaux », appelle l’accord du participe avec le sujet... Au fond, s’il y a une liste à connaître, en matière d’accord du participe passé des verbes pronominaux, c’est bien celle de ces formes si françaises qu’on ne peut pas les analyser !

 

Histoire vraie

 
« La formation qui m’a permis d’entrer dans l’édition »

Judith Vernant est depuis 2002 éditrice chez Hachette Littératures.

Reconversion réussie, pour Judith Vernant. À 31 ans, après une maîtrise d’histoire et une première expérience dans le multimédia, elle est aujourd’hui éditrice chez Hachette Littératures. Grâce à des qualités personnelles certaines et... au plan de formation qu’elle a suivi à l’Asfored.

En 2001, quand vous avez pris contact avec un conseiller formation de l’Asfored, quel était votre objectif ?

Je voulais passer du multimédia à l’édition papier. Ce qui m’intéressait le plus, c’était le texte, l’éditorial. Mais je n’imaginais pas travailler en free lance dans ce domaine sans avoir une vue globale de la chaîne.

Avez-vous envisagé de suivre une formation initiale ?

J’ai bien pensé au mastère spécialisé Management de l’édition, mais je n’avais pas vraiment envie de refaire une année d’études après quatre ans de salariat. Le conseiller que j’ai rencontré a relevé que mon expérience dans le multimédia était relativement proche de l’édition. En tant que chef de projets, je m’étais en effet occupée de CD-Rom encyclopédiques, pour lesquels il y avait du travail sur le texte, de la recherche iconographique... J’ai donc opté pour une formation à la carte.

Combien de temps a duré votre plan de formation ?

Trois mois, plus le temps que j’ai passé ensuite à saisir toutes mes notes de cours.

Comment l’avez-vous financé ?

Grâce à mes indemnités de licenciement. Je venais de quitter une société de recrutement dans laquelle j’étais chef de studio Web.

Que vous ont apporté ces stages ?

En choisissant « Panorama des techniques de fabrication », je voulais découvrir la langue utilisée dans la production des livres. Grâce à ce stage, j’ai du répondant face aux fabricants : je connais les contraintes d’une impression sur Cameron, les délais à prévoir pour toutes les étapes de la réalisation... Sur ce dernier point, « Préparation de copie, correction d’épreuves » m’a également beaucoup apporté. C’est aussi la formation qui m’a permis d’entrer tout de suite dans l’édition. Enfin, « Propriété littéraire et artistique » [rebaptisé depuis « Le cadre juridique des activités éditoriales »] m’a été utile plus tard quand j’ai dû m’occuper de contrats. À eux trois, ces stages m’ont en outre permis de préciser ce que je voulais faire et ce que je pouvais faire dans un premier temps : de la correction et du rewriting. Et puis j’ai rencontré des gens qui m’ont aidée à mettre le pied dans l’édition, où je ne connaissais personne.

Comment avez-vous procédé pour décrocher votre premier poste ?

J’ai envoyé énormément de CV, surtout en littérature générale. Je résumais mon parcours en insistant sur l’aspect éditorial de mon travail de chef de projets multimédias et sur ma formation à l’Asfored. J’ai essuyé de nombreux refus. Puis une personne que j’avais rencontrée en stage m’a prévenue que Lonely Planet recherchait des correcteurs à domicile. J’ai réussi les tests, et j’ai beaucoup travaillé pour eux en correction, révision et vérification de traduction. En parallèle, par l’intermédiaire d’une autre ancienne « co-stagiaire » devenue une amie, j’ai fait de la correction pour des publications de presse.

   

Passer du statut de correctrice à domicile à celui d’éditrice en interne n’est pas forcément aisé. Comment cela s’est-il produit ?

J’ai écrit à Isabelle Seguin, la directrice d’Hachette Littératures, avec qui j’avais un contact très indirect. Elle m’a reçue, et j’ai pu parler avec elle du métier, lui demander des conseils, à qui m’adresser... Le surlendemain de cet entretien, elle m’a appelée pour me proposer une préparation de copie. Ensuite, les choses se sont enchaînées. Hachette Littératures m’a rapidement confié des travaux de réécriture sur des projets très intéressants. J’ai joué l’urgentiste sur des essais dont il fallait reprendre très vite la structure, les titres intérieurs, la rédaction, pour faire ressortir la problématique. Travaillant souvent en relation avec les auteurs, j’étais de plus en plus sur place, ce qui m’a permis de mieux connaître l’équipe. Quand la coordinatrice éditoriale est partie en congé de maternité, je l’ai remplacée. C’est à ce moment-là que j’ai le plus utilisé les connaissances juridiques acquises à l’Asfored : la coordinatrice éditoriale s’occupe notamment des modifications à apporter au contrat type établi par le service juridique du groupe (Faïza Guène, par exemple, étant elle-même scénariste, voulait maîtriser l’adaptation audiovisuelle de Kiffe kiffe demain). Après ce remplacement, Isabelle Seguin a obtenu la création d’un poste d’éditeur en interne, et je suis restée.

En qui consiste votre travail ?

Ce poste est un mélange entre éditrice et assistante d’édition. Je fais beaucoup de choses très différentes. Dans les collections d’histoire, de psychanalyse et psychologie, d’essais et documents, certains ouvrages m’arrivent sous forme de projets à structurer. D’autres sont des manuscrits à peu près finis, pour lesquels je dois évaluer la nature du travail qui reste à faire – et parfois procéder moi-même au rewriting. Pour la nouvelle collection de BD, « La Fouine illustrée », dans laquelle est publié notamment Retour au collège, de Riad Sattouf, je travaille aussi avec l’éditeur et les auteurs pour vérifier que l’ensemble est cohérent – et corriger les fautes d’orthographe. Finalement, ce type d’édition n’est pas très éloigné de la littérature générale ; ce qui change, c’est le type d’intervenants. Pour tous les livres, j’assure également les relations avec la fabrication et le suivi éditorial jusqu’au bon à tirer... Dans le cas de L’Homme en état d’urgence, de Xavier Emmanuelli, qui est le premier livre que j’ai apporté, je suis allée jusqu’à accompagner l’auteur à la radio.

Comment voyez-vous l’avenir ?

J’espère réussir à créer une collection liée à une passion personnelle. J’ai un premier manuscrit qui me paraît excellent, et je commence à chercher d’autres textes. Dans cette optique, j’aimerais bien renforcer un peu ma formation.

Dans quels domaines ?

Je me sentirais plus à l’aise si je maîtrisais parfaitement les aspects budgétaires et juridiques du projet éditorial, notamment en ce qui concerne le montage d’une collection. Et j’apprécierais une formation sur la manière d’alimenter son vivier d’auteurs et de négocier avec les agents.

Vous semblez moins stressée que nombre de vos confrères et consœurs...

La période est plus calme que d’autres. Il y a des phases de stress, mais elles sont compensées par le fait que la maison est extrêmement sympa.

 

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